• Les erreurs à ne pas commettre

    Voici le témoignage de Claude Garcia, prof de SES au lycée. Il s'adresse aux jeunes enseignants et dispense ses conseils, les erreurs qu'il aurait pu éviter lorsqu'il a commencé !

    Pour moi, enseigner, c'est écrire une histoire avec les élèves. Pour qu’il n’y ait pas de méprise, précisons que ce texte ne fera sûrement pas l’apologie du story-telling. On sait que cette technique consiste par l’émotion à obtenir les bonnes grâces de l’auditeur.

    La pédagogie doit aussi conduire l’enseignant à trouver les mots qui touchent, intéressent l’élève, mais le professeur doit toujours veiller à ne pas glisser dans la démagogie. Il y a là, entre pédagogie et démagogie, une frontière qu’on s’interdit de franchir.

    Ecrire une histoire avec les élèves ne signifie dans mon esprit que les élèves coécrivent le cours. La verticalité de la relation enseignant-apprenant ne peut disparaître, mais elle ne peut être que cela. Il faut chercher à associer les élèves, à les impliquer. On ne prétendra pas en quelques lignes expliquer ce que doit ou pourrait être, le fait d’enseigner. On peut néanmoins attirer l’attention sur des erreurs à éviter et donner des pistes de réflexion.

    La jeunesse est un atout fugace

    Un jeune prof bénéficie en général d’un capital sympathie. Cela ne signifie pas que les élèves ne chercheront pas à tester son autorité, ses compétences ; ils auront tendance à  se dissiper, mais au fond, il y a de grandes chances pour qu’ils aiment bien leur jeune prof et ils le lui feront comprendre… tardivement. C’est un atout donc, mais qui se dévalorise vite, et passées les 2 ou 3 premières années, un prof (objectivement) encore très jeune est avant tout pour ses nouveaux élèves, un prof, un empêcheur de s’amuser, un adulte qui a des exigences et impose des contraintes.

    Ne pas tarder à faire sa mue et passer de l’ex-étudiant au prof à part entière

    Sans s’en rendre compte et parce qu’on a été lassés de subir les profs pendant de nombreuses années, on peut être tenté d’adopter un style plus « cool ». On rechigne par exemple à faire de la discipline et du coup on explose devant des élèves incrédules quand on trouve qu’ils exagèrent. Mieux vaut leur faire comprendre tôt, qu’on est bien un prof avec des exigences légitimes de discipline, de respect de contraintes sans lesquelles on ne peut travailler efficacement. C’est le meilleur moyen de ne pas s’aigrir aux alentours de la trentaine quand on se rend compte que l’âge de nos élèves ne change pas, alors que celui de l’enseignant augmente inexorablement.

    Croire qu’enseigner une matière intéressante suffit à intéresser

    J’imagine que tous les profs sont convaincus du caractère intéressant voire passionnant de leur matière ; c’est en tout cas vrai pour les profs de SES, mais il ne faut pas perdre de vue les multiples activités et préoccupations des élèves. Il faut donc trouver des moyens de donner du sens à ce qu’on enseigne et de ce fait on peut  espérer au moins qu’un élève qui n’accroche pas dans une matière importante dans sa série, en soit plus embêté qu’indifférent. Dire ce qu’il ne faut pas faire n’est pas le plus mal aisé, proposer quelques pistes de travail est un peu plus compliqué, mais il faut se lancer…

    Bon courage à tous !

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